Pratiques rédactionnelles et usage des comptes-rendus d’IRM en phase aiguë de l’Accident Vasculaire Cérébral ischémique
Poster Abstract

Objectifs

En phase aiguë de l’Accident Vasculaire Cérébral ischémique (AVCi), le caractère exhaustif et la rapidité d’édition du compte-rendu d’imagerie (CRI) sont susceptibles d’influencer la prise en charge. Même si la standardisation des CRI est encouragée afin d’en améliorer la qualité et d’harmoniser les pratiques radiologiques, son application effective n’a pas été évaluée dans l’AVCi. L’objectif est de faire un état des lieux des pratiques rédactionnelles des CRI d’IRM pour l’AVCi et leur usage par les neurologues, avant la mise en place d’une standardisation par des CR types.

Matériel et méthode

Etude bicentrique rétrospective incluant les patients ayant bénéficié d’une IRM pour le diagnostic d’AVCi entre janvier et juin 2024. Les CRI étaient rédigés par des neuroradiologues séniors (expérience > 5ans). L’analyse des CRI incluait le recueil de la mention ou non des éléments suivants : territoire artériel ischémié en diffusion, localisation anatomique, volume ischémique, score ASPECTS ou pc-ASPECTS, caractère positif de l’ischémie en FLAIR, thrombus (localisation, longueur), occlusion du polygone de Willis en TOF, signes de lutte vasculaires (brush-sign en SWI et hypersignaux FLAIR vasculaires), hypothèse étiologique, complications (remaniements hémorragiques, effet de masse…). Les paramètres non-radiologiques comprenaient le délai d’édition du CRI et l’usage du CRI par les neurologues dans le dossier patient.

Résultats

Parmi les 288 patients ayant eu une IRM dans le cadre d’une alerte revascularisation, 121 (42%) présentaient un AVCi et ont été inclus : 42% de femmes, âge médian 71ans [60-79], NIHSS à l’admission 5.5 [2.2-10], 79 (65%) d’AVCi du territoire cérébral moyen. 12 radiologues séniors ont rédigé les CR (6 au CHU d’Orléans et 6 au CHU de Tours), l’heure médiane de rédaction des CRI était 14h18 [10h54-17h54].

Concernant les CRI, au sein du paragraphe «Indication», l’heure de début des symptômes était précisée dans 90 (74%), le NIHSS dans 12 (10%). Pour la description radiologique de l’AVCi : 105 (87%) CRI mentionnaient le territoire vasculaire concerné, 119 (98%) décrivaient le caractère positif ou négatif du signal FLAIR en regard de l’ischémie, 104 (86%) précisaient l’absence ou la présence d’un thrombus. 32 (41%) CRI incluaient le score ASPECTS, 25 (21%) le volume ischémique et 77 (64%) rapportaient la présence/absence de signes de lutte vasculaire. La présence/absence de mismatch diffusion/perfusion est mentionnée dans 16 comptes-rendus (84%) sur les 19 patients ayant eu une séquence dédiée. L’hypothèse étiologique de l’AVCi était précisée dans 43 CRI (36%). 

Le délai médian entre réception des images et validation du compte-rendu est de 46 minutes [36-61]. 81% des neurologues copient/collent la conclusion dans le dossier patient sans la modifier. La variabilité inter-rédacteur était plus importante concernant le calcul du volume ischémique (précisé dans 0 à 100% des CR pour un radiologue donné) et sur la mention des signes de luttes vasculaires (de 20 à 100%). La variabilité inter-centre concernait également le calcul du volume ischémique, jusqu’à 41% au sein du CHU d’Orléans et de 4% au CHU de Tours ainsi que sur la précision de l’heure des symptômes dans l’indication du CR, de 86% à Orléans, et de 60% à Tours.

Conclusion

Si la précision du territoire et la localisation du thrombus dans les CR d’IRM en phase aiguë de l’AVCi sont pratique courante, la mention d’éléments sémiologiques susceptibles d’influencer la prise en charge du patient, tels que le volume ischémique ou le score ASPECTS, ne sont pas systématiques. Les neurologues ont tendance à copier la conclusion du CRI dans le dossier médical, illustrant son importance. Les variations des CRI entre les radiologues et les deux centres mettent en lumière la nécessité d’harmoniser nos pratiques. 

La standardisation des pratiques pour la prise en charge des AVC ischémiques en phase aiguë bénéficierait d’une optimisation de la rédaction et de l’exhaustivité des comptes-rendus d’imagerie. Les comptes-rendus standards ont aussi une valeur pédagogique et facilitent l’extraction des données de santé à grande échelle à des visées de recherche. 

Cadre du travail

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Extrait de présentation finale