Macrobiopsie sous guidage IRM : retour sur expérience monocentrique et évaluation des facteurs de sous-estimation
Poster Abstract

Objectifs

Actuellement, l’imagerie IRM est de plus en plus demandée en complément du bilan sénologique standard, dans la détection et la caractérisation des lésions mammaires. Ce qui explique que lorsqu’une lésion suspecte est décelée en IRM et donc nécessite une biopsie, elle est recherchée dans un premier temps en échographie second look. Si elle n’est pas retrouvée, la seule alternative restante est la macrobiopsie sous guidage IRM. Le but de notre étude est d’analyser rétrospectivement les résultats des macrobiopsies mammaires guidées par IRM, effectuées dans notre centre de lutte contre le cancer (CLCC) au cours des 6 premières années de notre pratique, et d’évaluer, avec un recul de 10 ans, l’évolution des lésions initialement bénignes afin de vérifier l’absence de transformation néoplasique au même site.

Matériel et méthode

Nous avons inclus rétrospectivement 99 patientes grâce à la base de données numériques du CLCC (Centre Jean Perrin). Il s’agit de toutes les patientes ayant bénéficié d’une macrobiopsie sous IRM entre janvier 2011 et novembre 2016, et qui ont par la suite soit bénéficié d’une chirurgie dans le cas de lésions malignes ou frontières découvertes, soit bénéficié d’une surveillance d’au moins 10 années à la suite de la macrobiopsie pour les lésions diagnostiquées bénignes. Les IRM ont été interprétées par 5 radiologues ayant plus de 5 ans d’expérience au sein du service de sénologie du CLCC.

Résultats

Dans notre étude, lors des 99 procédures de macrobiopsie, 82 se sont déroulées sans complication. Les difficultés techniques étaient rares avec 76 procédures (76,8 %) sans difficulté. Les patientes présentant des lésions bénignes étaient, plus jeunes en moyenne, par rapport à celles présentant des lésions malignes et frontières. Ceci correspond bien aux résultats rapportés dans la littérature. 81 % des macrobiopsies ont été pratiquées dans le cadre d’un bilan d’extension locale d’un cancer du sein et principalement dans la découverte d’un CLI (61 %). La classification ACR des lésions à l’IRM était bien corrélée à la probabilité de malignité de la lésion (p<0,05). Les lésions ACR5 ont toujours malignes (p<0,05). Nous avons noté que le faible rehaussement de fond glandulaire (A et B) était corrélé à une meilleure valeur prédictive de malignité. Un rehaussement de fond marqué (C et D) diminuait la spécificité de la macrobiopsie. Notre taux de sous-estimation (11%) est à la limite inférieure de la littérature (entre 22 % et 29 %). La présence de HLA (sous-groupe LIN2) à l’analyse des prélèvements, associée à un rehaussement IRM “masse” était un facteur significatif de sous-évaluation, en faveur d’une lésion maligne dans 82 % des cas, dans l’indication de bilan d’extension de CLI (p=0,001). Ce résultat pourrait suggérer une exérèse systématique de ces lésions dans ce contexte. Parmi les patientes présentant une histologie bénigne à la macrobiopsie et qui n’ont pas subi de chirurgie initialement, aucune n’a développé de cancer au site biopsié au cours du suivi.

Conclusion

Notre étude confirme bien la faisabilité et la bonne tolérance de la macrobiopsie sous guidage IRM. Nos indications sont orientées par notre recrutement, qui diffère d’autres centres, spécialisés dans la prise en charge des patientes à haut risque. Dans les limites de notre faible échantillon, notre taux de sous-évaluation est plus faible que ceux retrouvés dans la littérature. Ce dernier était le plus souvent corrélé à la présence de HLA (sous-groupe LIN2) associée à un rehaussement IRM "masse" lors du bilan d’extension de CLI. Enfin, avec un recul de 10 ans, aucune lésion initialement bénigne en macrobiopsie n’a évolué vers une lésion maligne au site de biopsie, renforçant ainsi la robustesse diagnostique de cette procédure.  

La macrobiopsie mammaire sous IRM apparaît comme une technique fiable et sûre ; toutefois, la présence de HLA (sous-groupe LIN2) associée à un rehaussement IRM de type "masse" lors du bilan d’extension d’un carcinome lobulaire infiltrant expose à un risque de sous-évaluation maligne et doit faire discuter une exérèse chirurgicale.

Cadre du travail

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Extrait de présentation finale