Objectifs
Rappeler l’anatomie du diploé et les bases physiopathologiques des lésions ostéolytiques de la voûte crânienne.
Décrire les principaux diagnostics étiologiques selon l’âge et le contexte clinique.
Préciser l’apport respectif du scanner et de l’IRM dans la caractérisation lésionnelle et l’orientation diagnostique.
Message à retenir
Toute lésion ostéolytique du diploé nécessite une analyse systématique : âge, contexte clinique, caractère unique ou multiple, limites, réaction périostée, atteinte des tables interne/externe et extension aux parties molles.
Le scanner est l’examen de première intention pour l’analyse fine de l’architecture osseuse.
L’IRM est indispensable pour évaluer l’extension médullaire, méningée et intracrânienne.
Les signes d’agressivité (bords flous, destruction corticale, masse des parties molles) orientent vers une étiologie maligne ou infectieuse.
Résumé
Les lésions ostéolytiques du diploé représentent un groupe hétérogène d’affections touchant l’os spongieux de la voûte crânienne.
Chez l’adulte, les étiologies dominantes sont les métastases osseuses et le myélome multiple, se manifestant au scanner par des lacunes ostéolytiques plus ou moins bien limitées, parfois multiples. L’IRM montre un remplacement médullaire en hyposignal T1, hypersignal T2, avec rehaussement après injection, et précise l’extension durale ou intracrânienne.
Chez l’enfant et l’adulte jeune, le granulome éosinophile (histiocytose langerhansienne) se présente typiquement comme une lacune « à l’emporte-pièce » avec parfois séquestre osseux central. L’IRM évalue l’atteinte des parties molles adjacentes.
L’hémangiome intra-osseux apparaît au scanner sous forme d’image en « rayon de miel » ou en « soleil levant » ; l’IRM montre un hypersignal T1 lié à son contenu graisseux et vasculaire.
L’analyse conjointe des données cliniques et des caractéristiques scanographiques et IRM permet dans la majorité des cas d’orienter le diagnostic et de guider la prise en charge.
Devant une lésion ostéolytique du diploé, l’approche diagnostique repose sur une analyse morphologique rigoureuse au scanner plus au moins complétée par l’IRM pour l’évaluation de l’extension, permettant de distinguer lésions bénignes et processus agressifs et d’orienter la stratégie thérapeutique.