Objectifs
-Maitriser l'apport des différentes modalités d'imagerie en particulier l'IRM dans la caractérisation des masses de l'angle ponto-cerebelleux, ainsi que leur implications cliniques.
-Maitriser les différentes pathologies touchant l’APC, en corrélant systématiquement les données radiologiques à la sémiologie cliniques du patient .
Message à retenir
L'IRM haute résolution constitue l'examen clé dans l'analyse de l'angle ponto-cérébelleux.
Résumé
L’exploration radiologiques de l'angle ponto-cérébelleux (APC) constitue un pilier fondamental de la neuroradiologie. Cette région anatomique représente un véritable carrefour de structures nerveuses et ratérielles. Les structures nerveuses sont groupées en trois ; le groupe supérieur représenté par le Trijumeau (V) et l’Abducens (VI) , Le paquet acoustico facial occupé par le Facial (VII) et le Vestibulo-Cochléaire (VIII) , et un groupe inférieur contenant les nerfs mixtes (IX, X, XI). Cet espace est aussi traversé de structures vasculaires artérielles (Artère cérébelleuse antéro-inférieure, postéro-inférieure et supérieure) et veineuse (veine de Dandy), le tout baignant dans du liquide céphalorachidien.
La symptomatologie clinique faisant suspecter une masse de l’APC associe une baisse de l’audition unilatérale, des vertiges, des acouphènes, une paralysie ou névralgie faciale, des troubles de la déglutition, syndrome cérébelleux, ou des signes d’HTIC.
Cet espace est devenu accessible grâce aux avancées de l’imagerie.L’IRM est l’examen de choix et la méthode de référence pour le diagnostic des tumeurs de l’APC, son objectif principal et de caractériser morphologiquement ces lésions, mais aussi métaboliquement et hémodynamiquement grâce aux techniques avancées .Certaines séquences IRM ont un interet particulier dans l’étude de cette région anatomique ; l’aquisition 3D T2 à haute résolution (CISS, FIESTA,DRIVE) et T1 après injection de Gadolinium offrent un excellant contraste permettant de visualiser les nerfs crâniens au sein du LCR. Les séquences T1, T2, T2* et FLAIR permettent une étude morphologique. La Diffusion avec cartographie d’ADC interet majeur dans le diagnostic des kystes epidermoides mais aussi pour le diagnostic différentiel avec les autres étiologies non tumorales (AVC, abcés).
Enfin, on a la perfusion qui permet d’analyser la dynamiques de la perfusion tumorale, et la Spectroscopie qui permet une étude métabolique de la tumeur et détermine son agressivité.
Pour la Tomodensitométrie elle reste l’outil de choix pour l’étude de l’os essentiellement temporal et de l’oreille interne . L’Angiographie bien que moins utilisée dans le diagnostic, elle garde une place stratégique dans le bilan pré thérapeutique en guidant le geste chirurgical et réalisant en cas de besoin des procédures d’embolisation endovasculaires pour les lésions hypervascularisées.
La pathologie Tumorale de l’APC représente 8% de l’ensemble des tumeurs intracrânienne, dominée par les tumeurs bénignes. Les tumeurs les plus fréquentes sont le Neurinome de l’acoustique et les méningiomes, ensuite on retrouve les kystes épidermoïdes, plus rarement on retrouve les kystes arachnoidiens, les neurinomes des nerfs mixtes, du nerf facial, et du trijumeau, les para-gangliomes, les tumeurs vasculaires et les lipomes .Il peut aussi s’agir de lésions malignes notament des métastases, chordomes, chondrosarcome, ou lymphome .
A travers une sélection de cas illustrés, l’objectif de ce travail est de maitriser les différentes pathologies touchant l’APC, en corrélant systématiquement les données radiologiques à la sémiologie cliniques du patient . L’objectif étant de permettre au radiologue d’affiner son analyse et de gagner en précision diagnostique .
L'analyse morphologique, hémodynamique (perfusion) ainsi que métabolique (spectroscopie) constitue la clé du diagnostic différentiel des masses de l'APC.