Objectifs
La présence de régions pneumatisées peut être observée à plusieurs endroits dans le crâne et cette pneumatisation est considérée comme une variante anatomique. Une de ces variations est la pneumatisation du processus zygomatique (zygomatic air cell defect, ZACD). Ces zones peuvent mener à un os plus fragile, surtout dans le cadre d'une chirurgie dans la région de l'articulation temporo-mandibulaire. Le diagnostic différentiel pourrait inclure des lésions tumorales. L'objectif de cette étude était de déterminer la prévalence de cette variante dans une population nord-américaine. Plusieurs études ont évaluées la prévalence de cette anomalie, mais exclusivement dans des populations en Asie.
Matériel et méthode
Un total de 1880 radiographies panoramiques numériques ont été évaluées par une étudiante en médecine dentaire et par un professeur en radiologie buccale et maxillo-faciale. Une calibration a été réalisée avec les 40 premières radiographies. Les radiographies où la région d'intérêt n'était pas visible ont été exclues pour un total de radiographies utilisées de 1724. Les radiographies ont été obtenues durant l'année sur deux machines différentes: BelmaX de Belmont et GiANO de NewTom. Les patients avaient de 18 à 95 ans. Quand un ZACD est présent, il est identifié comme unilatéral ou bilatéral ainsi que uniloculaire ou multi-loculaire.
Résultats
La prévalence totale est de 2.1%, similaire à d'autres études qui avaient identifiées une prévalence entre 1.8% et 2.1%. La prévalence est plus élevée (2.3%) que chez les hommes (1.7%) mais sans différence significative. La prévalence varie aussi selon le groupe d'âge avec une fréquence plus élevée chez les patients de 80 à 89 ans (4.7%) et ceux de 60 à 69 ans (3.5%). La majorité (31/37) des ZACD avait une apparence uniloculaire et la majorité (28/36) était unilatéral.
Conclusion
La prévalence est de 2.1% pour les défauts aériques des cellules zygomatiques dans une population adulte nord-américaine, sans différence selon l'âge ou le sexe des patients. Cette prévalence est généralement similaire à celles qui avaient été notées préalablement. D'autres études démontraient une prévalence plus élevée, mais cela pouvait être dû au type d'image (CT ou CBCT par exemple) qui était utilisé plutôt que la radiographie panoramique. La raison de cette anomalie n'est toujours pas connue, mais une théorie veut qu'il s'agisse d'une pneumatisation venant des cellules mastoïdes.
Il est important que les dentistes puissent identifier et diagnostiquer cette variante anatomique. Compte tenu de sa prévalence de 2.1%, il est presque certain que tous les dentistes ont, parmis leurs patients, un ou plusieurs qui présentent cette anomalie. Leur capacité à diagnostiquer cette anomalie permettrait d'éviter des tests diagnostiques supplémentaires.