Objectifs
Les urgences gynécologiques constituent un problème de santé publique qui engage à la fois le pronostic vital et la fertilité de la femme.
Certes, l’échographie est l’examen à pratiquer en première intention, mais elle reste opérateur-dépendante et limitée dans certains cas, essentiellement en raison des gaz digestifs, chez les filles vierges ou lorsque l’anomalie dépasse le champ de visualisation de l’échographie.
Le scanner s’est imposé dans plusieurs situations d’urgence et a montré sa capacité à établir le diagnostic positif, à évaluer la gravité et à guider la prise en charge.
L’objectif de ce travail est de démontrer le rôle du scanner dans le diagnostic positif, l’évaluation de la gravité et la prise en charge des urgences gynécologiques.
Matériel et méthode
Il s’agit d’une étude rétrospective menée sur une période de 4 ans au service de radiologie de La Rabta.
Toutes les patientes ont bénéficié d’un scanner abdomino-pelvien.
Le diagnostic de référence reposait sur les résultats anatomopathologiques ou, pour les patientes non opérées, sur le suivi post-thérapeutique.
Afin d’estimer la performance du scanner, nous avons calculé la sensibilité, la spécificité et les valeurs prédictives positive et négative pour chaque urgence suspecté.
Pour analyser la performance diagnostique, nous avons utilisé le test du Chi² de Pearson. Nous avons retenu un seuil de significativité pour p < 5 %.
Résultats
Notre étude a inclus 146 patientes, pour un total de 156 urgences.
Une bonne concordance a été observée entre les diagnostics scannographiques et les diagnostics retenus en post-opératoire ou en post-thérapeutique.
La spécificité du scanner variait entre 96 et 100 %, et la sensibilité entre 75 et 100 % selon la pathologie.
Les principaux signes analysés, hautement spécifiques, sont :
le signe du tour de spire, pathognomonique de la torsion d’annexes ;
le défect endoluminal d’une veine ovarienne, spécifique de la thrombose des veines ovariennes.
D’autres signes sont plus sensibles mais moins spécifiques, tels que :
La densification de la graisse pelvienne, observée dans les infections génitales hautes mais également dans des pathologies inflammatoires et tumorales ; le kyste à paroi rehaussée, qui fait suspecter une rupture de kyste lutéal hémorragique, mais aussi une GEU.
Ces résultats sont en concordance avec ceux de la littérature.
Nous avons également étudié certains critères ayant un intérêt pronostique et rapportés dans la littérature, tels que l’abondance de l’hémopéritoine, qui permet d’orienter la prise en charge vers un traitement médical, chirurgical ou une simple surveillance.
Conclusion
Notre étude confirme la valeur diagnostique élevée du scanner dans l’exploration de l’ensemble des urgences gynécologiques. Toutefois, il reste un examen irradiant, d'où l'intérêt d'une collaboration étroite entre radiologue et clinicien pour assurer une prise en charge optimale.
Le scanner permet de pauser le diagnostic étiologique et le diagnostic de gravité. Il participe à la prise en charge des urgences gynécologiques et permet de surmonter les limites de l'échographie dans certaines situations.