Hydatidose thoracique : au-delà du poumon
Poster Abstract

Objectifs

- Illustrer la diversité des localisations thoraciques de l’hydatidose.

- Préciser l’apport de l’imagerie dans le diagnostic positif et le bilan des complications.

-  Mettre en évidence les particularités des formes intra-thoraciques extra-pulmonaires.

Matériel et méthode

Nous avons analysé rétrospectivement 27 dossiers radio-cliniques de patients présentant une localisation thoracique extra-pulmonaire du kyste hydatique, explorés dans notre service d’imagerie médicale du CHU Ibn Sina de Rabat sur une période allant de 2022 à 2025. Tous les patients ont bénéficié d’une radiographie thoracique en incidence de face, complétée par une tomodensitométrie (TDM) thoracique réalisée en contraste spontané puis après injection de produit de contraste iodé (PCI). Une imagerie par résonance magnétique (IRM) thoracique a été réalisée chez certains patients selon l’indication clinique. Les examens ont été analysés en fonction de la localisation anatomique des lésions, de leurs caractéristiques morphologiques et de la présence d’éventuelles complications.

Résultats

Le diagnostic de kyste hydatique thoracique extra-pulmonaire a été évoqué sur les données de l’imagerie et confirmé en peropératoire dans tous les cas. Les localisations étaient dominées par l’atteinte pleurale (37 %). Les localisations intra-cardiaques représentaient 18,5 % des cas, suivies des atteintes péricardiques (14,8 %). Les formes pariétales thoraciques constituaient 11,1 % des cas et les localisations paravertébrales thoraciques 3,7 %. Des associations de deux ou plusieurs localisations ont été observées chez 14,8 % des patients. Les complications retrouvées comprenaient une surinfection dans 7,4 % des cas, une compression des structures médiastinales responsable de signes d’insuffisance cardiaque ou d’hypertension artérielle pulmonaire dans 3,7 %, une extension endocanalaire avec compression médullaire dans 3,7 %, une rupture dans la veine cave inférieure dans 3,7 % des cas, ainsi qu’une rupture intraventriculaire droite compliquée d’embolie pulmonaire chez 3,7 % des patients.

Conclusion

L’hydatidose, anthropozoonose majeure dans de nombreux pays endémiques, reste un problème de santé publique au Maroc. Le poumon est la deuxième localisation la plus fréquente après le foie, tandis que les localisations endothoraciques extra-pulmonaires sont rares. L’imagerie occupe un rôle essentiel dans le diagnostic positif de ces formes exceptionnelles, souvent difficiles à différencier d’autres pathologies. Elle est également indispensable pour la recherche des complications et le bilan d’extension, conditions nécessaires à une prise en charge thérapeutique adaptée.

Dans un contexte d’endémie, toute masse intra-thoracique atypique, kystique ou pseudo-tumorale, doit faire évoquer une hydatidose extra-pulmonaire, même en l’absence d’atteinte pulmonaire associée. L’imagerie est déterminante non seulement pour suggérer le diagnostic, mais surtout pour préciser la localisation exacte, évaluer les rapports aux structures vitales (cœur, péricarde, médiastin, rachis) et dépister les complications potentiellement graves, conditionnant ainsi la stratégie thérapeutique et le pronostic.

Cadre du travail

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Extrait de présentation finale