Objectifs
- - Avoir une approche pratique et structurée de l’analyse sémiologique du genou arthrosique à l’IRM, en intégrant les piliers d’évaluation : unité ostéochondrale, appareil méniscal, et inflammation (Synovite et Hoffite).
- - Illustrer l’intérêt des scores semi-quantitatifs standardisés (MOAKS vs WORMS) dans le suivi évolutif.
Message à retenir
L’IRM permet une évaluation de la gonarthrose, intégrant cartilage, os sous-chondral, ménisques et synoviale, avec une sensibilité supérieure à la radiographie pour le phénotypage et la détection précoce des lésions structurales actives.
Résumé
La gonarthrose est désormais reconnue comme une défaillance de l'articulation entière. Si la radiographie reste l’examen de première intention, l'IRM est l'examen clé pour le phénotypage grâce à sa résolution supérieure sur les tissus mous et l'os sous-chondral. Un protocole standard doit comporter des séquences DP Fat-Sat dans les trois plans pour l'analyse fine et une séquence T1 pour l'os et la moelle osseuse jaune.
La sémiologie repose sur l'analyse de quatre piliers :
- L’unité ostéochondrale : Le cartilage est évalué par son signal en T2 et sa profondeur (grade 0 à 4).
- Les lésions de la moelle osseuse, hyperintenses en DP Fat-Sat, sont le reflet d'un remodelage actif et le principal biomarqueur de la douleur.
- L’appareil méniscal : A la recherche de fissures dégénératives, de macération et surtout de l'extrusion ou des lésions de la racine, véritables moteurs de la chondrolyse rapide.
- L’inflammation : l’épanchement-synovite et l’infiltration de la graisse de Hoffa (Hoffa-synovite) sont des marqueurs de l'évolutivité clinique.
Des systèmes de scoring standardisés ont été introduits pour recueillir l’ensemble des données sur les différentes lésions du genou, dans le but de standardiser l’évaluation et améliorer le suivi longitudinal, permettent ainsi une communication claire entre radiologues et cliniciens.
Le score MOAKS sépare l'étendue de la lésion cartilagineuse de sa profondeur, offrant une meilleure sensibilité aux changements évolutifs. Il propose une évaluation exhaustive de la morphologie méniscale, du volume des lésions de la moelle osseuse et des signes inflammatoires notamment la synovite. Il est désormais le standard de référence pour un phénotypage articulaire précis et reproductible.
L’avenir réside dans l’imagerie de composition (Mapping T2) et la PET-IRM au 18F-NaF, qui permettent désormais de visualiser les changements biochimiques et métaboliques avant toute perte de substance visible. Tandis que l'IA et le Deep Learning promettent une segmentation automatique et extraction rapide de biomarqueurs comme l'épaisseur du cartilage ou le volume méniscal.
- - La gonarthrose est une atteinte de l’articulation entière : l’analyse conjointe de l’unité ostéochondrale, de l’appareil méniscal et des signes inflammatoires est indispensable pour une évaluation pertinente de l’activité de la maladie.
- - Les scores IRM semi-quantitatifs standardisent l’analyse de l’atteinte du genou comme «organe global», améliorent la reproductibilité inter-observateur en pratique clinique et en recherche, et donc sont utiles pour évaluer la progression de la gonarthrose dans le cadre du suivi longitudinal des patients.