Fibrose interstitielle liée au tabac (SRIF) en CT : associations clinico-radiologiques, moléculaires et staging
Poster Abstract

Objectifs

La SRIF (Smoking-Related Interstitial Fibrosis) est une entité associée au tabagisme, de reconnaissance croissante en imagerie thoracique. Bien qu’elle soit fréquemment observée chez les patients atteints de cancer pulmonaire, la nature exacte de ses associations avec le cancer et les caractéristiques de ceux-ci restent floues. L’objectif de cette étude était d’analyser l’association entre la SRIF et le type histologique, morphologie et la topographie tumorale en imagerie ainsi que les altérations moléculaires et le staging.

Matériel et méthode

Étude rétrospective monocentrique incluant 100 patients atteints de cancer pulmonaire. La SRIF était évaluée en TDM par 2 radiologues et gradée pour sa sévérité de 1 à 4. Des analyses univariées puis multivariées ont été réalisées pour comparer les patients avec et sans SRIF, analyser l’impact du grade de sévérité et étudier les sous-groupes suivants : tumeur située dans le même lobe que la SRIF versus lobe différent, et tumeur développée au contact direct des lésions de SRIF.

Résultats

La SRIF était présente chez 38/100 patients (38 %). Les patients SRIF+ étaient plus fréquemment des hommes, fumeurs actifs, et présentaient plus souvent une histologie non adénocarcinomateuse (p<0,05). Une relation dose–réponse était observée entre sévérité de la SRIF et tabagisme actif. Les mutations KRAS étaient significativement moins fréquentes chez les patients SRIF+ (22 % vs 81 %, p=0,009). En analyse multivariée, le sexe masculin (OR 2,74), le tabagisme actif (OR 2,67 ; tendance), l’histologie non adénocarcinomateuse (OR 3,4) et le statut KRAS sauvage (OR inverse 0,12 pour KRAS muté) étaient indépendamment associés à la SRIF (AUC = 0,74). Aucune association significative n’était retrouvée avec le stade T ou le statut métastatique. En revanche, en analyse de sous-groupe, une SRIF localisée dans un lobe différent de la tumeur était associée à un stade ganglionnaire plus avancé, avec une proportion significativement plus élevée de N3 (50 % vs 12 %, p=0,038).

Conclusion

La SRIF est fréquente chez les patients fumeurs atteints de cancer pulmonaire et s’associe à un phénotype clinico-histologique et moléculaire distinct, caractérisé par une prédominance d'histologie non adénocarcinomateux et un statut KRAS sauvage. Si elle n’est pas associée à la charge tumorale globale, la dissociation topographique entre SRIF et tumeur pourrait être associée à une atteinte ganglionnaire plus avancée.

La SRIF est un marqueur chez les patients fumeurs porteur d'un cancer pulmonaire, associé à un phénotype tumoral distinct (non adénocarcinomateux, KRAS sauvage) et à une atteinte ganglionnaire plus avancée lorsque dissociée de la tumeur.

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