Objectifs
L’objectif de ce travail est de décrire les principaux aspects IRM de la fasciite nécrosante et les éléments permettant de la distinguer des dermo-hypodermites profondes non nécrosantes.
Matériel et méthode
Il s’agit d’une étude descriptive rétrospective incluant 34 cas de fasciite nécrosante diagnostiqués au service de radiologie centrale du CHU Ibn Rochd sur une période de deux ans. Tous les patients ont bénéficié d’une IRM, parfois complétée par une TDM. L’analyse a porté sur : l’épaisseur fasciale, le signal T2/STIR, le rehaussement après injection de gadolinium, la présence d’air et l’extension intermusculaire. Les données ont été recueillies à partir des systèmes RIS et PACS.
Résultats
L’étude a inclus 34 patients, d’âge moyen 56 ans, avec prédominance masculine. Les facteurs favorisants les plus fréquents étaient le diabète et l’immunodépression. L’atteinte concernait surtout les membres inférieurs (65 %). À l’IRM, un épaississement et un hypersignal des fascias profonds > 3 mm étaient observés dans 91 % des cas. L’absence de rehaussement après gadolinium était notée dans 62 %, associée à des collections dans 38 % et à une extension intermusculaire dans 56 %. La présence d’air était un signe additionnel évocateur
Conclusion
L’IRM constitue l’examen de référence pour le diagnostic de fasciite nécrosante. Sa sensibilité pour détecter l’atteinte fasciale et évaluer son extension permet un diagnostic plus rapide, essentiel pour réduire la morbidité et améliorer le pronostic vital. L’imagerie reste indispensable, sans retarder la prise en charge chirurgicale.
La fasciite nécrosante est une infection bactérienne rare, grave et rapidement progressive, touchant les fascias superficiels et profonds. Le diagnostic clinique peut être difficile car les signes cutanés sont parfois discrets, entraînant un retard de prise en charge. L’imagerie joue un rôle majeur dans l’orientation diagnostique, en particulier l’IRM, qui permet d’évaluer précocement les anomalies fasciales et l’extension de l’atteinte.