Objectifs
Comparer les performances diagnostiques et les paramètres quantitatifs de contraste du gadopiclenol à 0,05 mmol/kg pour l’étude du rehaussement tardif myocardique en IRM, en comparaison avec le gadobutrol à 0,1 mmol/kg.
Matériel et méthode
Cette étude rétrospective monocentrique a inclus des patients chez qui un accident vasculaire cérébral d’origine cardio-embolique était suspecté. L’angio-IRM était réalisée grâce à l’injection de 0,05 mmol/kg de gadobutrol. Des séquences de rehaussement tardif myocardique étaient acquises dans les suites de l’angio-IRM pour rechercher un thrombus intra-cardiaque justifiant l’instauration d’une anticoagulation. Dans un délai de deux semaines, une IRM cardiaque complète était réalisée en injectant 0,1 mmol/kg de gadobutrol.
Les séquences de rehaussement tardif myocardique ont été analysées en aveugle, après anonymisation et randomisation, par une radiologue de 10 ans d’expérience en IRM cardiaque. La présence d’une prise de contraste myocardique était relevée (oui si prise de contraste ≥1 segment /non) et le cas échéant sa transmuralité (>50%/<50%). Les rapports contraste sur bruit (C/B) ont été calculés à partir de régions d’intérêt mesurées sur les reconstructions en magnitude uniquement afin d’éviter les biais liés à la normalisation imposée par les reconstructions sensibles à la phase. Les C/B impliquant les prises de contraste ont été calculés uniquement lorsque celles-ci étaient présentes.
Résultats
Quinze patients âgés de 60 ± 15 ans ont été inclus (5 femme, 33%). Le poids moyen était de 94,1 ± 24,6 kg et la surface corporelle moyenne de 2,07 ± 0,27 m². La fraction d’éjection ventriculaire gauche était de 44 ± 16 % et le volume télédiastolique ventriculaire gauche de 95 ± 33 mL/m².
Une prise de contraste myocardique a été mise en évidence chez 10/15 patients (66,7 %) avec le gadopiclénol et avec le gadobutrol (p = 1,00). Une prise de contraste de plus de 50% de l’épaisseur transmurale était observée chez 4/15 patients (26,7 %) en gadopiclénol contre 5/15 (33,3 %) en gadobutrol (p = 0,54). L’analyse segmentaire retrouvait une prise de contraste sur 37/255 segments (16,4 %) en gadopiclénol contre 39/255 (17,3 %) en gadobutrol (p = 0,90).
Le C/B entre les prises de contraste et le myocarde sain étaient de 6,27 pour le gadopiclénol et de 9,03 pour le gadobutrol (p = 0,39). Le C/B des prises de contraste avec la cavité sanguine était de 2,80 pour le gadopiclénol et de 0,27 pour le gadobutrol (p = 0,21). Le C/B entre le myocarde sain et le sang était de 14,84 pour le gadopiclénol et de 13,15 pour le gadobutrol (p = 0,97).
Conclusion
Le gadopiclenol à la posologie de 0,05 mmol/kg ne montre pas de différence significative pour l’étude du rehaussement tardif myocardique en comparaison avec le gadobutrol à 0,1 mmol/kg.
Cette étude de faisabilité sur un échantillon de petite taille appuie l’intérêt potentiel de l’utilisation du gadopiclénol pour l’étude du rehaussement tardif en IRM.