Objectifs
- Décrire les mécanismes physiopathologiques proposés de l’endométriose post-ménopausique (réactivation vs de novo).
- Identifier les particularités cliniques et morphologiques par rapport à la période préménopausique.
- Reconnaître les signes d’imagerie typiques et atypiques, ainsi que ceux évocateurs de transformation maligne.
- Préciser la place de l’échographie endovaginale et de l’IRM dans le diagnostic et la surveillance.
Message à retenir
- L’endométriose peut persister ou apparaître après la ménopause, surtout sous traitement hormonal substitutif ou tamoxifène.
- Elle est généralement moins active, plus fibreuse et moins hémorragique qu’en période génitale.
- Le risque de transformation maligne augmente après la ménopause, notamment sous œstrogènes seuls.
- L’échographie endovaginale est l’examen de première intention, l’IRM est essentielle pour le bilan d’extension et la suspicion de malignité.
- La présence de nodules muraux vascularisés ou de composantes solides dans un endométriome doit faire suspecter une transformation maligne.
Résumé
L’endométriose post-ménopausique est une forme rare (2–5 % des cas), survenant principalement chez les patientes sous traitement hormonal substitutif ou tamoxifène. Malgré la carence œstrogénique, les lésions peuvent persister ou se réactiver grâce à une production locale d’œstrogènes, par réactivation de foyers anciens ou apparition de novo.
Cliniquement proche des formes pré-ménopausiques, elle se caractérise morphologiquement par des lésions à prédominance fibreuse (hyposignal T2 en IRM, nodules hypoéchogènes en échographie), avec moins de composantes hémorragiques.
La transformation maligne, principalement en carcinome endométrioïde ou à cellules claires, concerne surtout les endométriomes ovariens mais peut survenir dans des localisations extra-ovariennes. En IRM, les signes d’alerte incluent l’apparition de composantes solides, de nodules muraux vascularisés, une restriction de diffusion, une augmentation de taille ou la disparition du shading T2.
L’échographie endovaginale constitue l’examen de première ligne selon un protocole dédié. L’IRM est l’examen clé pour cartographier les lésions profondes, caractériser les masses annexielles et évaluer une éventuelle transformation maligne. La prise en charge repose principalement sur la chirurgie en raison du risque carcinologique, avec possibilité de surveillance rapprochée dans des cas sélectionnés.
Toute masse annexielle ou lésion profonde suspecte chez une femme ménopausée, en particulier sous œstrogènes ou tamoxifène, doit faire évoquer une endométriose persistante ou une transformation maligne, et justifie une évaluation approfondie par IRM.