Arrêt sur images : L'imagerie de l'arrêt cardio-respiratoire et des complications de la réanimation cardio-pulmonaire
Poster Abstract

Objectifs

Sensibiliser à la prise en charge de l’arrêt cardio-respiratoire (ACR) sous un œil radiologique en reprenant la rôle actuel du scanner, son intérêt dans le diagnostic étiologique mais aussi des complications tout en ajoutant également une dimension pronostique au bilan.

Faire un rappel des causes et complications de l’ACR et lister les complications secondaires à la réanimation cardio-pulmonaire (RCP) afin d’établir une checklist de lecture radiologique.

Discuter une potentielle nouvelle place du scanner, une extension de ses indications, une standardisation des protocoles et de la lecture des images pour diminuer les erreurs diagnostiques.

Ce travail illustre les principales complications traumatiques secondaires au MCE, des plus fréquentes jusqu’aux plus graves avec une attention spécifique portée aux traumatismes hépatiques induits, complications rares mais graves du MCE.

Message à retenir

Les complications de l’ACR et surtout de la RCP sont parfois létales mais accessibles à un diagnostic précoce au scanner à conditions d’y penser et de les reconnaitre.

Résumé

La réanimation cardiopulmonaire constitue une étape essentielle dans la prise en charge de l’arrêt cardiorespiratoire. Si le massage cardiaque externe en est la pierre angulaire, il expose néanmoins à de multiples complications traumatiques le plus souvent thoraciques mais aussi viscérales profondes, dont les atteintes hépatiques.Ces dernières, bien que rares et sous-estimées, présentent un caractère potentiellement grave. Leur diagnostic est rendu difficile par la faible spécificité des signes cliniques et biologiques, la priorité donnée au bilan étiologique de l’arrêt cardiaque, et l’absence de recommandations claires quant à l’exploration abdominale initiale.

Notre travail met en évidence plusieurs lésions secondaires à la RCP dont une série de traumatismes hépatiques induits par le massage cardiaque externe diagnostiqués au scanner. Leur prise en charge, allant de la surveillance simple à la chirurgie ou à l’embolisation, illustre la gravité potentielle de ces complications. La mortalité, souvent en lien direct avec un choc hémorragique, reste élevée dans notre série.

Nos résultats confirment plusieurs constats : le diagnostic repose quasi exclusivement sur le scanner, l’échographie ne permettant qu’un repérage indirect d’un épanchement liquidien ; le délai entre l’ACR et la réalisation d’un scanner abdominal reste variable et souvent tardif, participant au retard diagnostique ; dans plus d’un tiers des cas la lésion hépatique n’a pas été identifiée en première lecture et l’hétérogénéité des protocoles scannographiques reflète l’absence de recommandations établies dans cette situation clinique.

L’ensemble de ces observations justifie la nécessité d’une réflexion sur la place de l’imagerie dans le bilan systématique post- ACR. Si le scanner thoracique et cérébral sont aujourd’hui intégrés dans les algorithmes diagnostiques, l’exploration abdominale reste optionnelle. Pourtant, nos résultats comme ceux de la littérature montrent que des lésions viscérales graves peuvent être méconnues, avec un impact direct sur le pronostic vital.

En pratique se pose la question de l’intérêt d’un protocole scannographique standardisé incluant systématiquement l’abdomen et le pelvis afin de dépister précocement ces complications. La mise en place d’une double lecture systématique des scanners initiaux mérite également d’être discutée au regard du taux non négligeable de diagnostics manqués.

Notre travail souligne l’importance d’une vigilance accrue des cliniciens, réanimateurs, chirurgiens et radiologues face à ces lésions et plaide pour une évolution des pratiques, avec une place plus systématique du scanner abdominal dans le bilan post-ACR, afin d’améliorer le pronostic de ces patients.

ACR et RCP sont source de complications plus ou moins fréquentes et plus ou moins graves qu’il convient de rechercher systématiquement au scanner dans le but de diminuer la morbi-mortalité des patients récupérés.

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Extrait de présentation finale