Objectifs
- Décrire les principaux modèles morphologiques et topographiques de récidive pelvienne du cancer du rectum en IRM.
- Identifier les facteurs de risque associés à la récidive pelvienne après traitement du cancer du rectum.
- Préciser l’impact de l’IRM dans l’évaluation de la résécabilité et l’orientation thérapeutique.
Message à retenir
- L’IRM est l’examen de référence pour la détection et la caractérisation des récidives pelviennes du cancer du rectum, permettant d’orienter la prise en charge thérapeutique.
Résumé
Cette étude repose sur une revue iconographique des cas colligés au service de radiologie de l’CHU Mohammed VI de Marrakech. Les patients ont bénéficié d’une IRM pelvienne multiparamétrique incluant des séquences T2 multiplanaires, T1 avant et après injection de gadolinium ainsi que des séquences de diffusion.
Plusieurs facteurs favorisent la récidive pelvienne, notamment les tumeurs du bas rectum, les formes de haut grade, les tumeurs localement avancées et l’atteinte ganglionnaire pelvienne. La majorité des récidives survient dans les deux premières années suivant la chirurgie.
Les récidives peuvent être classées selon leur localisation dans les compartiments pelviens : axial, postérieur, latéral et antérieur. Les récidives axiales concernent principalement l’anastomose, le mésorectum résiduel ou les tissus mous périnéaux et constituent la localisation la plus fréquente. Les récidives latérales intéressent les ganglions pelviens, les uretères ou les vaisseaux iliaques, tandis que les récidives postérieures atteignent le fascia présacré, le sacrum ou les racines nerveuses et sont souvent associées à un pronostic plus défavorable. Les récidives antérieures, touchant la vessie ou les organes génitaux, sont plus rares.
L’IRM joue un rôle majeur dans l’évaluation de la résécabilité des récidives. Les principaux critères de non-résécabilité incluent l’invasion sacrée haute, l’atteinte des racines nerveuses du plexus sacré, l’englobement bilatéral des vaisseaux iliaques et l’extension aux parois latérales du bassin. Elle permet également de différencier une récidive tumorale d’une fibrose post-thérapeutique grâce à l’analyse morphologique et aux séquences de diffusion.
- La récidive pelvienne du cancer du rectum nécessite une analyse compartimentale systématique en IRM.
- L’IRM multiparamétrique permet une caractérisation précise des récidives et du statut de résécabilité.
- L’évaluation radiologique joue un rôle central dans la décision thérapeutique multidisciplinaire.